samedi 6 septembre 2008

Moissac-Condom, et d'un jour de pause arrosé !

Bonjour à tous,

Désolé de vous avoir laissés sans nouvelles quelques jours, mais pas de lieux internet sur la route.

Ces derniers jours, trois étapes m'ont conduit de Moissac à Condom, Moissac-Saint-Antoine (après Auvilar ; environ 28km), Saint-Antoine-Marsolan (après Lectoure ; environ 32km) et Marsolan-Condom en passant par La Romieu (environ 26km). C'était donc de mercredi à vendredi, et, aujourd'hui samedi, j'avais choisi de faire une journée de pause pour reposer les talons de 9 jours de marche consécutifs, et cela avant de savoir qu'il pleuvrait toute cette matinée. Coup de chance favorable.
Le reste de la semaine a été beau par ici, quelques gouttes jeudi, mais rien du tout. Sinon, du beau, parfois du bien chaud même, heureusement pas trop lourd grâce à un vent qu'il est agréable de sentir fouetter les crêtes des collines sur lesquelles je marche.

Après Moissac, il y a un bon moment de marche tranquille sur les bords du canal de Tarn-et-Garonne, c'est tout plat évidemment, avec des péniches et des platanes. Après une traversée de plaine, on recommence à monter, et, entre Auvilar et Saint-Antoine, on quitte le T.-et-G. pour le Gers. Je ne suis pas encore dans le Gers plat et sablonneux, mais j'ai traversé cette semaine un pays de collines ondulées, aux dénivellées beaucoup plus calmes que jusqu'à présent. Cela n'empêche pas de beaux panoramas, des vues plongeantes.
Le chemin emprunte pas mal de petites routes peu fréquentées ; sinon, ce sont des chemins à tracteurs, des allées forestières ou de petites sentes en sous-bois ou bien à l'orée entre champs et forêt. Aux pieds, s'il n'est de bitume, le sol est d'herbes aplanies ou de terre battue voire craquelée. C'est un pays qui m'a semblé doux à traverser, plutôt varié et opulent ; les journées de marche ont été agréables, ponctuées de villages, églises, chapelles et monuments romans ou mozarabes.

Quant aux gîtes, à Saint-Antoine, je me suis rendu compte qu'il y avait ici aussi des pénibles. Le gîte communal était un endroit sympa ; mais il y avait foule, car apparemment, nous nous trouvons dans une vague de gens qui reprennent le chemin entre Cahors ou Moissac et Saint-Jean-Pied-de Port. Ce sont des groupes et quelques petites équipes, mais qui souvent ont déjà fait leurs réservations, ce qui va rendre la route jusqu'au pays basque un peu speed peut-être. Toujours est-il que ce soir-là, parce qu'il y avait une télévision au-dessus du frigo dans la cuisine collective, nous avons eu droit au JT du 20h de TF1... si, si ; je n'arrivai pas à y croire. Et le lendemain, certains n'avaient pas été fichus avant de partir de laver et ranger leur vaisselle de p'tit-déj' ni de nettoyer leur place, incroyable.
Bref, c'est la raison pour laquelle le lendemain j'ai poussé jusqu'à Marsolan pour creuser l'écart et ne pas faire comme tout le monde en m'arrêtant à Lectoure. Pour le soir, il s'agissait d'une Chambre d'hôte faisant aussi, pour moindre budget, gîte. En 1/2 pension abordable, le repas du soir était succulent, l'ambiance très bonne avec à nouveau une tablée de 14 personnes dont 4 Allemands et 1 Suisse, et le couchage dans une sorte de petite cabane en bois charpentée et menuisée par le propriétaire lui-même était très paisible et confortable.
De Marsolan à Condom, le détour par La Romieu, sa collégiale et son cloître, m'était possible sans faire une étape démesurée. Arrivé à Condom, je suis tombé sur le gîte de Gabarre, ouvert depuis 3 ans, et qui se tient dans les grandes salles à cuves d'un ancien chaix d'armagnac, c'est un cadre splendide, un peu démesuré pour le petit nombre de pèlerins que nous étions. Comme j'ai retrouvé Wolfgang et Richard et que je savais qu'ils repartaient ce matin alors que je restais sur place, j'ai pris l'initiative des courses et de la cuisine et, ma foi, c'était plutôt réussi, en fonction de ce que proposait l'épicerie du coin : salade à base de roquette, concombre, tomate et fromage frais de brebis ; pâtes à la carbonara ; tomme du Gers ; poires et brugnions accompagnés de chocolat chaud. Le petit digestif d'armagnac proposé en dégustation par les gérants du gîte concluait bien ce festin.
Petite anecdote du Chemin : tout le repas était un peu surdimensionné en quantité, et voilà-t'y pas qu'un pèlerin pointe le bout de son nez vers 20h, faisant demi-tour d'ailleurs sans doute impressionné par cette grande salle inhabituelle et ce petit comité ; nous le hélons, lui disons qu'il s'agit bien d'un gîte, lui tirons une chaise et lui proposons de partager notre repas. Vraiment, il n'a eu qu'à se mettre les pieds sous la table, et ç'a été une belle soirée qui a requinqué un peu monsieur Wolfgang.

Autre anecdote du Chemin : à Moissac ou à Saint-Antoine, j'ai oublié le matin mon petit filet à savon qui était très pratique. J'avais un peu d'autre savon en réserve, mais plus de filet, d'où problème d'humidité. Le jour-même ou le lendemain, à Miradoux, en remplissant ma gourde à un robinet, je vois suspendu un petit sachet du même genre, un peu moins pratique, mais quand même, permettant de contenir et de faire sécher le savon ; je le prends et vois mon problème résolu. Mais ce matin, retirant mon linge du tancarville où je l'avais laissé cette nuit avec ce petit sachet, je me suis rendu compte que plus de petit sachet, et cette fois plus de savon du tout - quelqu'un devait en manquer, ou bien cela ne ressemblait tellement à rien que cela aura été jeté. Bref, je vais fonctionner jusqu'à lundi ou mardi avec mon seul shampoing comme savon, ce qui convient encore.

Voilà, voilà.
Deux, trois mots de logistique encore.
Tout d'abord, toujours aucun problème pour l'approvisionnement en eau comme pour le balisage et l'orientation. Et pour les réservations, je me contente d'appeler la veille pour le lendemain ou le jour-même pour le soir, quand je sais jusqu'au j'aurai la possibilité et l'envie d'aller.
Pour le budget, pour les deux premières semaines, j'ai dû dépenser environ 550 Euros, dont environ 100 de consultation médicale et pour les deux chevillères. Avec 450 Euros pour 15 jours, je suis pile dans le budget de 30E/j. sur lequel j'avais compté, et il est probable que ce budget diminuera en Espagne où hébergement et alimentation sont moins coûteux. Par ailleurs, j'ai pour l'instant vécu une version assez luxe du chemin, avec pas mal de 1/2 pensions, quelques restos et quelques boissons au cours des journées.
Enfin, pour le chargement du sac, je m'étais délester à Fiegeac de l'alcool à 90°C, remplacé par des ampoules d'eau hypoallergénique vendues par un pharmacien. A Moissac, en récupérant en poste restante le topo-guide jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port, j'ai aussi renvoyé le sursac de couchage et le fil à linge que je n'utilisais pas. Aujourd'hui, j'ai également renvoyé le roman que j'ai fini, un peu de pharmacie excédentaire. D'ici Saint-Jean, je réfléchis à renvoyer soit le T-shirt à manches longues, soit la polaire, au choix ; et j'ai eu l'idée saugrenue que je ne mettrai probablement pas en application, de marcher, en Espagne, avec les seules sandales (comme j'ai vu des gens le faire, alors pourquoi pas ?), ce qui me permettrait de renvoyer aussi chaussures et deux paires de chaussettes. Il faudra quand même que j'essaie deux-trois jours avant, en portant du coup les chaussures dans le sac... Affaire à suivre...

Bon, je passe aux nombreuses photos en retard,
A tout de suite,
Sylvain

Aucun commentaire: