mardi 2 septembre 2008

Cahors-Moissac, les trois font la paire.

Bonjour,

Bien arrivé à Moissac en deux étapes brèves qui me donnent tout l'après-midi de repos à Moissac, dont l'abbatiale et le cloître méritent vraiment de prendre le temps.
Je suis sur l'ordinateur de l'office de tourisme, dont le logiciel photo ne me permet pas de faire une sélection et de vous en envoyer pour le moment. Dommage.

Les talons semblent aller nettement mieux, je poursuis donc ma route dès demain, aussi loin qu'ils me le permettront.

Je vous avais laissés je crois sur mon appétit de dimanche soir à Montcuq. Le diner a tenu ses promesses, avec une tablée de 14 personnes, à ma droite 3 Allemands, 2 Autrichiens et 1 Néerlandais multilingue, à ma droite 7 Français, les oreilles en stéréo, une participation vaguement bilingue et un peu de translation, Si ! C'était assez amusant.
La suite de la soirée aussi s'est fort bien passée, avec Freddy et Stefan qui ont sympathisé sans vraiment pouvoir se parler, Stefan et Henri le néerlandais qui ont longuement discuté. Tous les trois ont déjà un ou deux mois de marche derrière eux. Comme nous parlions de la longueur des étapes suivantes et que certains prévoyaient d'aller directement à Moissac, soit plus de 35km, Stefan m'a dit en allemand une formule très juste : "Je serai toujours bien assez tôt à Santiago" ; ça m'a plus comme façon de voir, c'est vrai qu'ici aussi on a amplement le temps, jour après jour on avance et le but se rapproche bien assez vite, autant profiter pas à pas, tranquillement de ce que nous offre le chemin.
Et puis il y a eu aussi une sorte de blague entre pèlerins par Henri. Je vous préviens, c'est assez laconique, limite absurde. Comme il expliquait son itinéraire depuis Maastricht, par Bouillon, Bar-sur-Aube, Troyes, Auxerre, Vézelay et Le Puy, et qu'on lui demandait pourquoi il n'était pas passé par Paris et Tours, il a d'abord dit que la route choisie était plus belle et intéressant, même si plus longue, et a conclu par : "On peut aussi prendre l'avion"... Je vous assure que cela nous a tous fait bien rire, avec à l'arrière-plan des semaines de marche.

Le lendemain, belle et bonne journée de marche, avec le passage très visible du Lot avec ses causses au Tarn-et-Garonne, avec ses collines qui s'alanguissent davantage, ses vallées qui s'élargissent, des sols plus épais permettant à des bois de feuillus d'à nouveau couvrir les crêtes et que soient cultivés lavande et tournesols, maïs et fourrage, pommiers et pruniers, melons et raisins. Les villages deviennent de gros bourgs en bastide, tel Lauzerte ; les mas parsèment cette campagne. Le chemin pour cette étape réserve néanmoins des passges assez sportifs de montée et de descente caillouteuse, bonne journée auf und ab, auf deutsch, en allemand s'il-vous-plaît.
Depuis la veille, nous marchions ensemble, Stefan, Freddy et moi. Au cours de la journée, nous nous sommes décidés pour un gîte dans nos prix peu avant Durfort-Laclavelette, appelé "Le pigeonnier du Figué-Haut", en faisant des courses à Lauzerte pour nous préparer nous-mêmes à manger le soir. Cette soirée-là aussi nous a réservé de bonnes surprises. Avant d'arriver au gîte d'abord, nous avons pu entendre dans l'air quelques notes de Mozart diffusées dans le jardin de "l'Aube nouvelle" - ce n'est pas une blague, mais un hotel de tourisme 2 étoiles -, et c'était bien agréable. Et puis au gîte, il y avait... une piscine ! Une large piscine ronde aux bords surélevés de plus d'un mètre, où l'eau avait bien chauffé au soleil ; c'était formidable, baignade et re-baignade après une journée à crapahuter dans les collines. Nous avons bien profité de cette occasion inattendue.
Le soir, véritable festin par nos soins, Freddy ayant ramassé sur le chemin deux melons qui se sont révélés idéalement mûrs. D'abord melon donc, puis salade de tomates assaisonnée par Stefan ; cuisses de poulet rôties à la mexicaine sur une sauce chili et un pilaf de riz, courgettes et oignon à ma sauce ; fromage ; abondante salade de fruits ; tout cela avec un petit vin rouge. De quoi aller bien dormir, après une journée d'effort et de réconforts.

Aujourd'hui, seulement une matinée de marche jusqu'à Moissac où nous logeons au centre d'accueil du carmel qui semble vraiment très bien. Freddy a continué plus loin ; par contre, dormant au même endroit, j'ai retrouvé Wolfgang (Berlin), Robert (Doubs) et Joel (Strasbourg), trois messieurs très intéressants et sympathiques. Cette fois, ce sont des retrouvailles, le Chemin est plein de surprises, et la soirée promet à nouveau d'être riche et agréable.

Voilà, les prochains jours nous font entrer pour de bon dans le pays gascon.
Bonnes rentrées, bonnes reprises et bonnes journées à tous,
portez-vous bien,
Sylvain

10 commentaires:

Anonyme a dit…

coucou frangin,

ça faisait longtemps que je ne t'avais pas laissé un p'tit mot, mais pas pour autant que je ne continuais pas à lire et relire ton périple.
j'espère pour toi que ton corps te permettra d'aller aussi que ton esprit souhaite aller. ayant moi aussi repris cette semain, mais le basket seulement, je souhaite te rappeller, mais tu le sais sûrement déjà que le plaisir et la satisfaction dans l'effort physique vient justement du fait de se dépasser, d'aller au-delà de ces propres limites, et de réaliser des choses qu'on ne se croyait peut-être pas capable de faire. Tu dois en mesurer toutes les sensations en ce moment.
L'important, comme tu nous l'as signalé, c'est que le plaisir d'y aller le matin soit toujours là, et que tu continues à profiter du monde vers lequel tu avances, et du monde avec qui tu avances.
Je t'embrasse bien fort
Hasta luego !
... et oui après l'allemand, il faudra bientôt commencer à réviser l'espagnol

Anonyme a dit…

Cher Sylvain,

Tes pieds t'emmèneront loin, j'en suis sûre!
super l'aube nouvelle dans la piscine! plouf!
ici, c'est l'eau qui dégouline du ciel (normal, c'est la rentrée!)"ce n'est pas pour t'embêter, c'est pour arroser ton jardin" et renouveler les sources!
aujourd'hui, chant en russe puis en polonais et en brésilien avec une patiente ancienne cantatrice, et puis discussions à propos des vendanges avec une vieille dame originaire de côte d'or et puis...enfin, une journée de travail ordinaire avec la forme de l'après-vacances qui nous rend légers!
Denis a raison, un poquito de espanol, mais ce n'est pas pour tout de suite puisqu'il faut encore traverser le gers pour s'avancer vers saint jean pied de port. En plus, ce sera le pays basque (mais là, en fait, je ne connais pas vraiment de mots en basque!). Quoiqu'il en soit, les pyrénées n'ont jamais été si proches!
Sag mal "Hallo" zu Stefan, gute nacht, schöne traume, schlaf gut et tutti quanti (euh, non, l'italien n'est pas au programme!)
je vais déguster les fabuleuses pasta alla boloniese de mon mari chéri!
A bientôt!
Ultreia! Deus adjuva nos!

Anonyme a dit…

Hello Sylvain. Nous suivons tes pas un à un(enfin cent à cent)J éspère que tu ne souffres pas trop.Ce voyage semble passionnant et finalement pas trop solitaire donc salutaire.Continue à nous enchanter de tes messages et photos .Nous t embrassons très fort Paul (qui a vieilli hier)et christine qui admire un sportif comme toi mais qui a des excuses un grand mal de dos....bisous à bientôt

Anonyme a dit…

Salut Sylvain,

C'est avec grand plaisir que nous suivons ta progression et je suis heureux de voir que tes pieds te font moins souffrir. Cela te laissera l'esprit plus tranquille pour profiter de "la longue route" et de nous transmettre tes impressions.

Quel dommage que ton parcours ne passe pas par la Haute-Provence, la pays de Jean Giono ! Nous aurions été très heureux de t'accueillir et de recharger tes semelles de vents. J'espère une prochaine fois, sur un des GR de la région...

Puisses-tu également avoir la clémence du ciel (et du Ciel !) en évitant les orages qui, en cette saison n'aident pas beaucoup les marcheurs...

Alors que Sélène a emprunté hier pour la première fois le chemin de l'école et qu'elle en est revenue ravie (ouf !), nous t'embrassons tous les 4 en te souhaitant bon courage et en attendant de tes nouvelles.

Raphaël, Cécile, Sélène et Apolline.

Anonyme a dit…

Sylvain,
c'est un journée bien maussade de part le ciel, et je crois avoir compris sur la carte météo qu'il en est de meme dans le sud ouest.
Tu dois avoir fait presque sinon plus de la moitié de ton parcours en france.
En espérant avoir des photos de tes derniers jours à l'écran ce soir, je vais filer voir un film sur grand écran cet A.M.
Bises à +
Maman

Anonyme a dit…

cher Sylvain, avez-vous un topo guide qui vous permet de compter en heures de marche et non plus en kilomètres?
Car comme qui dirait euh, enfin, je sais pas trop qui, un kilomètre en montée ou en descente, c'est pas pareil que quand c'est plat!
D'autre part, j'ai bien aimé la petite phrase de Stefan. ça me rapelle que je voulais te faire rencontrer un ami protestant luthérien, pour qui le mot pèlerinage n'est jamais franchement familier! En effet, les protestants par plus de "bible-marche", car ils estiment que le plus important n'est pas le point final, mais le chemin en lui-même. En effet, la beauté de tous les moments que tu partages en ce moment vaut bien le fait d'arriver au bout de tes efforts. C'est aussi une image pour dire que Dieu n'est pas au bout d'un chemin d'épreuves (puisque nous n'avons pas à mériter son amour), mais qu'il est déjà bel et bien là, à tes côtés sur le chemin, et qu'il t'aime depuis la nuit des temps et jusque dans l'éternité. C'est cet amour-là -que tu reçois aussi à travers toutes les rencontres que tu fais-, qui donne envie de tout donner par amour (note : donner, c'est aussi donner son écoute et son accueil, ce n'est pas le contraire de recevoir. D'ailleurs, souvent, dans un vrai partage, on ne sait plus qui donne et qui reçoit, et c'est très bien comme cela!)
chemin d'humanité, chemin d'amitié, chemin de découverte de soi et des autres, chemin de vie communautaire où on laisse chacun évoluer à son rythme, en liberté, et la rencontre de l'autre ne fait qu'aggrandir nos ailes et intensifier notre lumière intérieure...
goûte, savoure, hume, vois, touche, entends comme il est bon d'être un Homme, et que ton âme reste imprégnée de tous ces instants d'éternité, longtemps, longtemps, longtemps...

Anonyme a dit…

Coucou mon cousin. Merci encore une fois pour toutes ces merveilles. Je suis très heureuse de partager de loin ton aventure. Je t'envies un peu de tout ce que tu peux voir de merveilleux. J'adore les petits chemins abrités par les arbres, ça donne vraiment envie de randonner. Je suis contente de voir que tes talons vont mieux, bonne continuation de ce côté là... C'est vraiment génial de pouvoir marcher plus ou moins souvent avec des gens, de se retrouver après quelques étapes, de partager des repas, des soirées. Oui vraiment je t'envies un peu. Je t'embrasse très fort et très affectueusement, et suis pressée de pouvoir te lire à nouveau et me régaler de tes photos...
Bisous

Anonyme a dit…

Salut Sylvain,
Ravie que tu ailles mieux et que tu te sois reposé un peu les pieds.
Tous les paysages, ambiances, que tu nous décris me donnent envie de randonner, comme toi, de rencontrer des gens qui partagent tes rêves. Moi, sans le sac à dos, ça me conviendrait tout à fait. Je te félicite pour ce que tu es en train de réaliser.
Je t'embrasse fort et espère te relire d'ici peu.
Céline

Anonyme a dit…

Bonsoir Sylvain,
Je suis vraiment bluffé par ton blog, toutes ces photos et surtout tout ce que tu nous racontes! Quel bavard ;-) J'avoue que je n'étais pas venu te lire depuis quelques temps, mais je serai plus assidu désormais. Ca fait plaisir de lire tous ces moments que tu partages avec ces autres randonneurs, ou tes impressions sur les régions traversées. Bon courage, continue de bien profiter de ce voyage.
Rémi

Anonyme a dit…

Es-tu d'accord pour que je donne l'adresse de ton blog aux personnes qui viennent à la prière avec les chants de Taizé? On leur a reparlé de toi ce soir.