jeudi 23 octobre 2008

Et Fifi, et Nini.



Du ressac.

Bonsoir,

Si pour conclure je faisais le point sur la composition du sac avec lequel je suis parti au Puy ?

Dans l'ensemble, le sac n'a pas été trop lourd.
Pour les vêtements, tout finalement a été utile ; la saison et la faveur du climat m'ont permis de me contenter du petit nombre de change. Sur 2 mois, 2 paires de chaussettes ont lâché à mi-chemin, remplacées par 2 nouvelles paires à Saint-jean-Pied-de-Port.
Se sont avérés inutiles :
le sur-sac de couchage, la bouteille plastique de 50 cl, la cordelette à linge ;
et fort dispensables :
les aliments de réserve - sachets de riz, de soupe et petite conserve de thon - autres que sachets de Nescafé ou de thé (cela s'achète au jour le jour, au coup par coup), les guides de conversation en langue étrangère.

Pour le volume du sac, j'avais un 50l jamais plein, un 40l aurait sans doute suffit.
Et de Jean-François, entre autres choses, j'ai appris que de grosses et solides épingles à nourrice fixées en permanence au sac, pour y accrocher à l'occasion du linge à sécher, étaient une bonne solution alternative à de petites et fragiles épingles à nourrice qu'il faut sortir du sac et refixer à chaque fois.

Côté pharmacie, les compeeds, compresses et, tardivement, le Doliprane ont été utiles. Aux pansements individualisés, préférer peut-être la bande à découper. A l'alcool à 90°, préférer un liquide hypoallergénique pour désinfecter et de l'éosine pour assécher, à emporter en petits flacons plastiques car, achetés en pharmacie, ce sont des ampoules à un seul usage et qui augmentent le poids inutile.
Pour le soin des pieds, je n'ai utilisé qu'en Espagne l'akiléïne nok, mais qui m'a eu l'air utile pour nourrir la peau des pieds et éviter frottements, rougeurs et ampoules. Selon les personnes, on s'en tartine et masse les pieds le matin avant d'enfiler les chaussettes ou le soir après la douche ; au début, cela paraît bizarre comme geste quotidien, mais on s'y fait.

Je pense qu'une partie de mes soucis aux pieds et aux tendons sont par ailleurs venus de chaussures trop grosses, lourdes et rigides, pour le type de marche qui est celle du Chemin. Ce n'est pas de la montagne, et cela peut parfaitement se faire avec des chaussures plus légères et souples.

Tout cela bien sûr est seulement issu d'une expérience personnelle, et chacun a avant tout à se connaître pour choisir l'équipement qui lui convient le mieux.
Pour ma part, de mes rencontres avec Kurt, Véronique, Sirkha et d'autres encore, j'ai ramené l'envie encore un peu vaporeuse de marches plus légères des pieds à la tête, ce qui passerait d'abord, si j'y pense, par moins de documents papier et moins d'appareils électroniques. Enfin, je verrai quand cela me démangera de nouveau.

Sinon, le retour est terrible, je ne peux plus chaque jour tirer manuellement le jus de mes chaussettes, je dois à nouveau me laver les dents au moins deux fois par jour et je ne peux plus passer les 3/4 de mes journées avec les vêtements de la nuit ; terrible, je vous dis, comme les manières civilisées reviennent vite.

Heureusement, j'ai pu écouter Bach et Haendel, même si je n'ai pas encore mis la main sur les mélodies entendues sur la route. J'ai pu me procurer un (apparemment) célèbre album de jazz dont Wolfgang avait parlé à Saint-Jean-Pied-de-Port, Jacques Loussier play Bach. Je peux ré-écouter le dernier titre de Celtas Cortos, Retales de una vida, sorte de chanson rock espagnole à consonance celtisante, qu'avec Richard nous avons entendu pratiquement tout le long du chemin en Espagne, émanant des radios et télévisions des bars, des supermercados et jusqu'au bus du retour de Finisterre et que je me suis procuré à Santiago. J'ai pu chercher un disque de Berthe Sylva, que je ne connaissais pas et que Richard a reconnu à l'oreille chantant depuis une boutique à Santiago ; c'est de la chanson plutôt triste, dis donc. En faisant de même avec Cat Power, que Jérôme, l'hospitalier de Granon (Aïe, la tilde a disparu, prononcez "Gragnone"), m'a fait découvrir en en mettant un disque sur la platine pendant la préparation du repas du soir, je me suis pris à aimer vraiment beaucoup et à chercher les autres disques. Je peux ré-écouter I wish you were here et Ziggy plays guitar, les deux chansons que magiquement chantait le musicien de rue et de nuit, à l'angle de la place de l'Obradoiro à Santiago, au moment où nous nous y promenions. Je peux me repasser l'album qui m'a le plus souvent accompagné le soir au repos sur mon baladeur MP3, Blueslivinghollerin' de Ben Weaver ; c'est lui qu'un peu par hasard j'ai choisi d'écouter la première fois que j'ai utilisé ce baladeur, à Miramont-Senssacq, le soir de la première photo aux pieds, et le premier titre s'intitule El Camino Blues, fichtre !
Et puis je peux aussi passer à autre chose, le retour à du bon.

Bon, comme le chante Mademoiselle K : "J'espère que ça vous a plu, j'espère que ça vous a plu".
Merci.
Je vais de ce pas voir ailleurs si j'y suis.
Sylvain

Un troisième et dernier "Cherchez l'intrus" pour la route, sauf qu'il y a 2 fois 2 intrus !


A titre d'indice, c'est en Galice et cela pourrait s'intituler : "Le châtaignier et le fenouil sauvage, librement inspiré de Jean de la Fontaine", ou bien "Phénomènes entre ciel et terre", ou bien "Idéfix is crying", ou bien "L'écorce vive".

Vous ai-je dit que c'est Kurt, sous le soleil du Gers, qui m'a pour la première fois fait remarquer la forte odeur des eucalyptus , en me disant qu'il aimait particulièrement cet arbre qui lui rappelait l'Australie, et qu'on en traverse des forêts entières en Galice ?
Vous ai-je dit que les chemins de Galice sont aussi souvent parfumés par le fenouil sauvage, une odeur entre le safran et l'anis sur laquelle Marie, du Var, m'a permis de mettre un nom et plante dont elle m'a appris que dans le Sud on l'utilisait comme condiment dans la cuisine de plats de poisson ?
Rien à voir, mais vous ai-je dit que c'est Richard qui m'aura appris, à Granon (rhâ, toujours pas de tilde), à épépiner les concombres avec le manche d'une fourchette comme on évide un canoë sur l'Orénoque (ce qui d'ailleurs marche aussi avec le manche d'une cuillère sur l'Amazone) ?
Merci, on en apprend sur le Chemin.

Bon, à vous de jouer.