Bonjour.
Je vous écris depuis l'Office de tourisme d'Estaing, sur le Lot, après une petite mais néanmoins belle journée de 16km. Pour rallier Conques, j'ai choisi d'opter pour trois courtes étapes plutôt que pour deux longues, ce qui devrait, j'espère, reposer mon talon droit. J'en profite aujourd'hui pour vous écrire à nouveau et, cette fois, vous envoyer des photos en série, dans les messages séparés qui vont suivre. Demain, ce devrait être un trajet jusqu'à Espeyrac, environ 25km, puis une douzaine de km pour Conques lundi, avec tout le temps pour des cartes postales, du repos et de la visite l'après-midi. Je prendrai peut-être même un verre, Catherine !
Tant que j'y pense, deux petits mots ciblés : ceux qui voudraient me joindre sur mon portable ou qui ont déjà essayé, je n'arrive pas à écouter ma boîte vocale ni à identifier l'expéditeur, donc laissez plutôt un message SMS, je vous rappelerai ; d'autre part, pour Fabienne et Pascal, nous ne nous sommes pas retrouvés à Nasbinals, avec Pascale, nous ne nous sommes pas échangés nos coordonnées mais n'hésitez pas à lui transmettre mon adresse mail et bien sûr l'adresse du blog.
Aujourd'hui, à Estaing, Sébastien a continué sa route vers Golinhac pour être dimanche à Conques. Bonne route Monsieur, et à se revoir dès mon retour, aussi tard que prévu j'espère.
Le paysage du jour était fait des bords du Lot, enserrés par les monts boisés et quelques pointes rocheuses escarpées, avec le passage par Espalion et la très belle église de Perse, église romane où ont été pris les détails ajoutés, puis une incursion dans une vallée affluent qui a été l'occasion d'une ascension sévère puis de la traversée d'une sorte de haut plateau plein de charme.
En haut de cette montée, j'ai rattrapé un monsieur d'un soixantaine d'années, déjà vu depuis quelques jours (notamment au Sauvage) et avec qui nous avons fait plus connaissance au dîner d'hier soir. Nous avons là discuté plus longuement. Il vient de Strasbourg d'où il est parti le 21 juillet, au commencement de sa retraite professionnelle ; il a donc déjà 5 semaines d'expérience de la route, de bronzage, et est la première personne que je rencontre qui a aussi l'intention d'aller jusqu'au bout, à Santiago. Ce soir, il a filé sur Fonteille, à mi-chemin d'Estaing et de Golinhac.
Trois notations pratiques pour finir :
1- l'eau.
Sur la portion du chemin déjà parcourue, pas de problème d'approvisionnement, il y a très régulièrement des fontaines publiques, des robinets, ou la possibilité de demander aux cafetiers et cafetières de remplir la gourde. Donc on peut ne porter qu'un litre le matin et refaire le plein quand le besoin se fait sentir ; pas besoin de se charger davantage.
D'autre part, comme il est bon de boire beaucoup et souvent, pouvoir boire sans à chaque fois devoir poser le sac et le recharger sur son dos ensuite est une bonne chose ; il y a des solutions diverses comme le sac avec poche d'eau et tuyau, les gourdes dans des poches sur le côté du sac ou accrochées par un mousqueton sur le côté, un portage d'eau dans une banane de ceinture ou bien, comme moi, une sorte de housse avec une petite attache qui se porte au niveau du torse.
2- balisage et cartes.
Le balisage est impeccable depuis le début, impossible de se perdre sauf grosse inattention ou discussion endiablée avec le compagnon de parcours. Pour ma part, je laisse les pages du topo du jour sous plastique sur le dessus du sac, mais je n'ai pour ainsi jamais besoin de les consulter. Donc, là aussi, le chargement minimum suffit pour avancer.
3- trouver un hébergement.
Il est indispensable d'avoir un guide qui donne des numéros de téléphone pour divers hébergements possibles au fil du chemin, aux étapes principales ainsi qu'aux possibilités d'arrêt intermédiaires. Cela n'est peut-être pas le cas à la haute saison d'avril à juin, mais en ce moment, il n'y pas vraiment besoin de réserver, sauf pour se rassurer le jour-même ou bien de la veille pour le lendemain. Dans cette portion du trajet, on trouve facilement des gîtes intermédiaires selon la forme du jour ; et les gens des villages et des petites villes se feront un point d'honneur de trouver un hébergement pour le pèlerin dernier venu même s'il n'a pas réservé.
Seule exception peut-être, la première étape ; Saint-Privat-d'Allier, à 23km du Puy, n'est pas bien grand, et si l'on sait que l'on ne veut pas dépasser cette distance, il vaut mieux y réserver sa place à l'avance.
Voilà, voilà, c'était quelques notations que je voulais vous transmettre avec cette première semaine, pour ceux qui seraient intéressés par l'expérience.
Je m'occupe des photos, à présent,
A plus,
Sylvain
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