Bonjour,
Après 31km depuis Cahors, ce gîte nous avait été recommandé et il est en effet très accueillant, très agréable. La 1/2 pension promet un repas de qualité, alors que les pauses repas du midi se font peu à peu plus expéditives et légères - autant dire que j'ai déjà faim. C'est assez drôle parce que se trouvent réunies ce soir tout un tas de personnes que j'ai déjà rencontrées précédemment : Henri, le Néerlandais de Maastricht ; Freddy, le Vendéen que j'ai revu aujourd'hui en cours de route après sa variante de deux jours sur les rives du Célé ; deux dames avec lesquelles j'avais dîné le 1er soir à Figeac et que j'ai donc rattrapées ; Siegfried et Helmut, un couple autrichien que je vois depuis l'étape précédant Conques et avec qui j'ai parlé davantage depuis Cajarc ; et puis Stefan, compagnon de marche depuis bientôt deux jours. Quelle tablée cela va faire !
Cahors a été une étape qui m'a beaucoup plu, une vieille ville très concentrée sur son centre, assez décrépite, il faut le reconnaître, mais avec de jolis édifices, immeubles et portes du Moyen-Age et de la Renaissance. L'accueil est très bien organisé, avec un point dès l'ancien bâtiment d'octroi du pont par lequel on entre dans la ville. Hier, par 35°C à l'ombre vers 15h, trouver un endroit tempéré, une boisson fraîche et des biscuits, ainsi que d'emblée un plan de ville et une orientaion pour se loger était chose très appréciable. Le soir, avec Stefan et Françoise, une dynamique ancienne prof de lycée qui vit près de Fougères, nous sommes allés manger dans un petit resto au menu à 15E, mais tout à fait frais et gastronomique par ses produits et son chef ; cela s'appelle le Bergougnioux, et si vous passez à Cahors, ne manquez pas le foie gras maison arrosé d'un petit Cahors (perso, j'ai pris soupe froide de tomates et basilic, excellente, mais on m'a fait goûté).
Départ ce matin vers 7h15, nous avons vu le soleil orangé se lever sur un ciel déjà voilé. Bientôt, à cette heure-ci, il fera encore sombre et presque nuit. La saison s'avance doucement ; les mûres mûrissent dans les fourrées, les tournesols font grise mine avant d'être récoltés, j'ai commencé à voir des rangées de vignes.
Aujourd'hui, les tendons de mes talons ne se sont pas beaucoup faits oublier, le gauche étant à présent plus sensible que le droit. Je commence à me dire que si cela ne s'arrête pas, depuis une dizaine de jours, c'est que cela s'aggrave, et que si cela s'aggrave, il va bien falloir que cela cesse. La conclusion, c'est qu'évidemment je suis sans doute parti du Puy avec des étapes trop longues, et que l'effet s'en fait sentir depuis. Les deux jours à venir sont plus calmes, 23km demain puis une étape de 16km mardi pour arriver à Moissac et prendre le temps de visiter le cloître. La possibilité d'arrêter est ouverte, cela dépendra de la façon dont cela évolue. J'ai convenu que si cela ne m'était plus un plaisir, j'arrêterais sans regret, avec l'impression déjà de nombreuses bonnes expériences, de bien des choses apprises et, qui plus est, avec des envies et des projets avivés. Mais on n'en est pas encore là ; mon intention est plutôt de continuer à avancer.
Je vais maintenant aller me reposer une heure en profitant du calme du gîte et en lisant un peu, avant le dîner. J'espère retrouver mes jarrets après les deux jours plus calmes à venir.
A bientôt,
sans doute depuis Moissac,
Sylvain
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7 commentaires:
salut Sylvain,
Je me souviens d'un Québécois ergothérapeute qui m'avait dit de faire un bain de pieds à l'eau chaude (5 min) puis un bain de pieds à l'eau froide (5 min)et de continuer en alternant. Tout ça pour soulager les pieds et chevilles. ça fait beaucoup de bien.
bonsoir sylvain
j'ai été absente une partie de la semaine et n'avais pas pu lire la suite de votre voyage
toujours aussi passionnant et agréable à lire
ce serait trop dommage d'arrêter, n'est-il pas possible de faire une pause de 2 jours dans un endroit agréable, le temps d'apaiser vos pieds ?
qui veut voyager loin ménage sa monture, dit-on ...
tous mes encouragements vous accompagnent, vous êtes beaucoup mieux là où vous êtes qu'au milieu des "vaches sacrées" (j'ai bien ri ...)
à très bientot ...
De l'importance des pedibus! A ce sujet un grand philosophe néo-péripatéticien et (très) vaguement pré-nietzschéen a déclaré :
"C'est très intelligent les pieds
Ils vous emmènent très loin
Quand vous voulez aller très loin
Et puis quand vous ne voulez pas sortir
Ils restent là ils vous tiennent compagnie
Et quand il y a de la musique ils dansent
On ne peut pas danser sans eux
Faut être bête comme l'homme l'est si souvent
Pour dire des choses aussi bêtes
Que bête comme ses pieds"
(Extrait de "Dans ma maison" de Jacques Prévert et chanté par Yves Montand sur une musique de Joseph Kosma).
Très bonne remarque d'Isabelle que je ne connais pas mais à qui je me joins à cette occasion : Il suffit de faire une pause...! Trouvez une Bible, lisez l'Exode en entier... et ça repart! Les Hébreux ont bien marché pendant 40 ans, eux! Et dans le désert en plus! Allez courage mon vieux, c'est maintenant que ça commence! Tu ne vas pas me dire que tu crois à l'histoire du tendon d'Achille...?
Amitié,
Marc-O.
ps: Je pars, demain à 7h, en pélerinage à Villeneuve-la-Garenne, dans l'espoir de ressusciter la défunte Education Nationale ! Si tu en as l'occasion, prie pour moi...
Bonsoir, Sylvain
De retour à Chilly, après deux jours à Besançon pour aider au déménagement de ma plus jeune fille,Marion, j'ai enfin pu récupérer l'adresse de ton blog auprès de Fabienne.
Notre (beaucoup trop) courte semaine sur le Chemin, entre Le Puy et St Chély d'Aubrac, s'est déjà achevée il y a une semaine, mais déjà nous parlions de préparer celle de l'année prochaine !
Je reste sous le charme de tous ces paysages superbes et des multiples rencontres qui font la beauté de cette aventure hors du commun.
Et je pensais souvent à toi, qui continuait la route...Je t'envie !
MERCI pour tes impressions, et tes belles photos, qui me donnent envie de rechausser le plus vite possible.
Repose-toi,et soigne-toi pour pouvoir avoir la joie d'aller encore plus loin.
Jeudi, nous reprenons notre prière avec les chants de Taizé, et prierons pour vous tous, rencontrés sur ce chemin : tu seras le bienvenu à ton retour...et après tous les Km que tu auras avalés, la distance Antony-Chilly ne devrait pas te faire peur.
Ultreïa !!
Juste pour préciser que l'anonyme du message précédent, c'est pascale, que tu as rencontrée dans l'Aubrac...une petite erreur de manip au moment de l'enregistrement du commentaire
Cher Sylvain,
Tu sais mieux que quiconque ce qui te fera du bien, mais je voulais te conseiller de ne pas t'arrêter trop longtemps : deux jours comme le propose Isabelle est à mon avis trop long. Il vaut mieux continuer à marcher en faisant de petites étapes comme tu le fais, pour ne pas trop te refroidir, car tu bénéficies maintenant d'un bon entraînement. Tes douleurs sont un cap à passer. Un ami qui avait fait la route d'une traite m'avait confié que les premiers temps sont toujours les plus durs. En effet, au bout d'un temps, les douleurs se font moins vives et le corps est entraîné. C'est un cap à passer toujours en buvant beaucoup! Tu écrivais toi-même l'autre jour que c'était en fin de journée que tes pieds étaient les moins douloureux!
Alors, que ton pas soit léger sur le chemin de la vie!
A bientôt,
Fabienne
PS : une vieille dame qui oublie, un enfant qui crie, le vieille dame chante "ma petite est comme l'eau vive", l'enfant baîlle, se détend et retrouve sa voix...voilà un petit échantillon de ma journée de reprise!bisous
Ah, au fait, j'oubliais,
savoure encore l'ambiance internationale, la SIMPLICITE et la GENEROSITE, et profite bien des matinées encore un peu claires!
Amitié, et BONjour à tous tes compagnons de route!
Que l'étoile du matin se lève dans ton coeur,
Fabienne
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