mercredi 27 août 2008

Figeac-les-Bains : des pieds, des sandales et des vaches.






Bonjour,

Devinez où je me trouve ?...
Ah, ah... à Figeac. Et oui, ce n'est pas une impression de déjà lu, mais j'ai choisi ce matin de faire une journée de pause, pour reposer les tendons d'une part, parce que d'autre part une ampoule fermée mais un peu rouge derrière un ongle m'inquiétait un peu sans toutefois être douloureuse. Je me suis donc renseigné auprès de la dame du gîte pour aller voir un médecin ; j'ai eu la chance d'arriver, vers 8h15, à un moment où il aérait son cabinet et il a pu me prendre en consulation de suite. Ce n'est bien qu'une ampoule et pas un abscès et, après traitement, cela devrait être sans conséquence. Pour les talons d'Achille, il m'a prescrit des chevillères compensatrices et des anti-inflammatoires à nouveau ; le repos d'aujourd'hui me fait déjà du bien ; et puis rincer l'inflammation en buvant énormément est effectivement efficace, merci Bruno, pour empêcher que cela ne s'aggrave et pour aider à ce que cela passe.
Du coup, aujourd'hui, passage à la laverie pour chasser la saleté du linge en profondeur, café en terrasse avec Freddy - un Vendéen de 26 ans que j'ai déjà vu avant et aujourd'hui rencontré à la laverie et qui fait le chemin depuis trois semaines, depuis Genève -, petit repas, visite de Figeac, moment de lecture sur un banc ombragé dans un parc en bordure du Lot et nouveau passage à la bibliothèque de Figeac.

Sinon, côté santé, ça roule. Pas de douleur au dos à cause du sac, ni de courbatures musculaires à cause de l'effort de marche, seuls les pieds encaissent et je vais tâcher d'en prendre soin. Je dois être trop bien entraîner, merci compagnons de randonnée, de l'hiver de l'été, il n'aura pas été vain de me voir porter un sac de pommes sur la route ramassées à l'automne dernier, ou des conserves de crème Mont-Blanc pour le dîner, au printemps vers Laon mais sûrement ;).

Vous avez l'explication pour les pieds, pour les sandales (c'est journée farniente, les pieds aérés), mais pourquoi cette thématique bovine au fil de ce blog, pourquoi cette série de photos de vaches ?

Et bien d'abord, c'est un jeu pour les enfants : parmi les cinq photos, trouvez l'intrus. Pas trop difficile.
Et puis c'est un clin d'oeil aux vaches sacrées de la bibliothèque Georges-Brassens... je veux dire à la boviphilie et à l'indomania (Sylvie, Valérie, hello !) de Georges-Brassens dont les signets portent toujours la moustache, n'est-ce pas les filles ? Vous aurez reconnu la citation cinéphilique du film Taxi (Et là, c'est Sophie que j'entends hurler, qui DETESTE, entre autres choses, Taxi et ce que fait Luc Besson) Mais excusez-moi, on ne dit pas "les filles" mais "Mesdames, mesdemoiselles" (Salut à Mamadou, mon ami notre vigile). J'espère donc que vous apprécierez ces quelques vaches. J'en ai finis avec ces private jokes insolentes et rès professionnelles, et puis je ne mettrai plus trop de vaches désormais. A propos de professionnelle, Michèle, le café qui apparaissait en photo dans un message précédent était à 1,10 Euros, 10 centimes plus cher que celui du Zango de la rue Daguerre, et sans le gingembre confis. A bientôt.
Enfin, pour reparler du Chemin, c'est par les vaches, un hommage à l'Europe, dans la mythologie grecque, dont la légende fait la part belle à un boeuf, je ne me souviens plus exactement dans quels termes mais je vous laisse vous renseigner, je ne voudrais pas tomber dans le journal scabreux de faits divers. Le chemin est aussi cela, un chemin très terrien et très européen. Ces derniers jours, c'est la langue allemande que j'ai eu à utiliser et à me rappeler fissa tant bien que mal, pour parler un petit peu avec Wolfgang et avec Astrid. J'ai croisé aussi un Néerlandais venu de Maastricht, d'autres Allemands, des Canadiens, un Américain, et je crois que cette belle multiplicité des nationalités va aller se développant, surtout en Espagne.
Voilà, et puis, il y a eu ce mot d'une dame lyonnaise, d'une voix un peu maniérée mais très douce, alors que nous parlions des races d'Aubrac et de Salers en passant devant un pré à vaches, que "quand même ce doit être barbant d'être une vache"... Et nous marchons, nous avançons, et elles sont là, impavides, tranquilles et sûres.

Avec cette journée de repos, au dixième jour, je suis impatient de reprendre la route demain, d'aller plus loin. Je dépasse très bientôt mon nombre maximum de jours consécutifs marchés, et il devient pour moi très réel qu'il s'agit d'une aventure de longue haleine, de longue distance. Beaucoup de choses déjà ont été vécues, se sont passées et ont été passées, et encore beaucoup de choses différentes, imprévisibles m'attendent alors que je ne suis qu'à un petit quart de mon parcours. Quel sens cela a-t'il ou cela va-t'il prendre, je ne sais pas trop ?
Je sais que je n'ai absoluement aucune envie d'arrêter en cours de route, ce pour quoi j'ai pris le temps d'une pause aujourd'hui. Je sais que je suis extrêmement bien dans la marche, le ruban du chemin se déroulant sous les pieds et jusqu'à l'horizon (mais la part de la fuite en avant ?). Les rencontres et les moments partagés me plaisent, et j'apprends à goûter concrètement les petits moments concrets, d'une vue, d'une pause café, d'une circonstance étonnante de rencontre, d'un bon repas (j'espère que je vis cela authentiquement?).
Trop de questions qui trouvent presque d'elles-mêmes leur réponse. Je ne suis pas encore assez fatigué par la marche, on dirait, ou alors c'est le mauvais côté d'une journée de repos. La journée va se poursuivre paisiblement, j'ai repris la 1/2 pension d'hier, repas commun et chambre de quatre, ce sera très bien, avec la dsympathique dame du gîte qui commence à me connaître. Et puis ensuite, vivement la route, en direction de Cahors.

Je serai sans doute dans ce blog par la suite un peu plus sobre, en textes et en photos, que ces deux derniers jours. Je ne sais pas, l'avenir nous le dira.

Portez-vous bien, bon vent à tous !
Sylvain

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Coucou mon cousin. encore merci pour ces lectures. je ne m'en lasse pas et suis heureuse que tu as vraiment énormément de plaisir dans ce que tu as entrepris. je serais surprise de t'entendre dire demain que tu laisse tomber, que tu abandonne. tu as l'air si serein... gros gros bisous et bonne soirée.

Anonyme a dit…

Bonsoir Sylvain,
Quel bonheur de te lire!
J'aime quand tu dis que tes questions trouvent d'elles-mêmes des réponses. Tu vis ce que tu as à vivre, et voilà! Peut-être de temps en temps croiseras-tu un prêtre avec lequel tu pourras t'entretenir si certaines questions reviennent. Mais si elles ne viennent pas d'elles-mêmes, pourquoi les chercher? Tu vis ta vie, sereinement, en goûtant chaque instant, en comtemplant la beauté de la création et des relations humaines. Moi, ce que je lis dans ce que tu écris c'est "Dieu que c'est bon d'être vivant!". C'est la plus belle prière qui existe et le plus beau cadeau qu'on puisse faire à Dieu, lui, notre Père et créateur!
Poursuis bien, tu nous ravis!
A la prochaine,
Fabienne

Anonyme a dit…

j'oubliais,
je voulais te parler de ce prêtre de la mission de France qui est à Lascabanes -très joli village-, où tu devrais très bientôt passer. Il nous accueille bien et reproduit le geste que Jésus avait fait à ses disciples : il nous lave les pieds dans la chapelle. Il prie aussi pendant une semaine pour tous ceux qui sont passés (exemple, si tu arrives un jeudi, il priera pour toi jusqu'au jeudi d'après!) : ça vaut vraiment le coup!
Amitiés
Fabienne